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Règlement intérieur

Motion contre le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes à destination des magistrats et des justiciables - Grève des avocats du 31 mars au 13 avril 2026

Le Barreau des Hauts-de-Seine, comme les organisations représentatives et syndicales de la profession, exprime à son tour son opposition au projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes, ex « SURE », en discussion au Parlement à compter du 13 avril.

Les avocats du Barreau des Hauts-de-Seine, quotidiennement engagés aux côtés des justiciables et dans le respect des libertés fondamentales, ne peuvent laisser passer sans réaction un texte qui, sous couvert d'efficacité, risque de gravement porter atteinte aux garanties essentielles que tout citoyen est en droit d'attendre de la justice de son pays

Depuis plusieurs mois déjà, notre système judiciaire, sous couvert de réformes et de modernisation, est gravement impacté par une politique qui a pour effet de s’en prendre frontalement aux droits fondamentaux des personnes poursuivies, tout en laissant croire à un renforcement des droits des victimes.

Ce projet de loi fait peser sur la procédure pénale la charge de compenser le manque de moyens humains et matériels de notre justice.

Cette logique est inacceptable.

 

La création d’une procédure de jugement des crimes reconnus, assimilable à un plaider-coupable criminel, constitue une rupture majeure dans laquelle le débat n’existe plus. Elle transforme le jugement des crimes les plus graves en une justice soi-disant négociée mais surtout expéditive.

Cette procédure fait peser une pression sur la personne poursuivie.

La promesse d’une peine plafonnée, conjuguée à la détention provisoire et à la menace d’une sanction plus lourde, altère nécessairement la liberté du consentement.

 

Un tel mécanisme est incompatible avec l’exigence d’un procès équitable et avec les droits de la défense.

 

Contrairement aux objectifs affichés,   la réforme affaiblit aussi la   place   des victimes. Le délai très bref laissé à  la partie civile  pour s’opposer à  la procédure est insuffisant. L’absence de véritable audience prive les victimes d’un espace d’expression et de reconnaissance.

Le procès criminel ne peut être réduit à un outil de gestion des flux.


Par ailleurs, la mise en place des Cours Criminelles Départementales en appel pour tous les crimes punis de 20 ans de réclusion criminelle, et en cas de récidive légale, contrairement à la parole qui avait été donnée par Monsieur Eric Dupond Moretti alors Ministre de la Justice, devant la représentation nationale, démontre l’absence totale de confiance qui peut être faite au gouvernement.

C’est demain toutes les Cours d’Assises qui sont en danger. Enfin le projet de loi porte atteinte gravement :

-          Aux droits de la défense en imposant aux avocats des délais ingérables tant devant la Chambre de l’instruction que devant le Tribunal correctionnel et en restreignant une nouvelle fois le régime des nullités

-          Au principe de la collégialité en procédure pénale,

 

Ce sont les raisons pour lesquelles, le Barreau des Hauts-de-Seine, réuni en Assemblée Générale Extraordinaire, a voté le 30 mars 2026 :

-          La grève générale

-          Le principe de demandes de renvoi systématiques dans tous les dossiers civils et pénaux

-          La suspension de toutes les désignations d’avocats par la Bâtonnière :

o   pour les commissions d’office au pénal non urgentes

o   pour les désignations d’avocat au civil dans les contentieux ou l’avocat est obligatoire (hors mineur en Assistance éducative et hors hospitalisation sous contrainte)

o   pour les permanences pénales de tout ordre

Le Barreau des Hauts-de-Seine appelle au rassemblement le plus large devant le tribunal judiciaire de NANTERRE le 8 avril à 12h30 et au rassemblement national prévu à PARIS le 13 avril.

Nous savons que ces mesures pourront entrainer une aggravation des délais de la justice, déjà fortement impactés par le manque de moyens matériels et humains.

Néanmoins, au regard de l’absence totale de concertation sur la loi, son absence d’études d’impact et son bouleversement total du procès pénal pour les crimes les plus graves, ce sont des justiciables, auteurs ou victimes, que nous souhaitons protéger par le maintien d’une justice de qualité dans les prochaines années.