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Faire vivre notre jumelage avec le Barreau d’Arménie 

Du 24 au 27 avril dernier, une délégation de notre Barreau s’est rendue à Erevan, dans le cadre du jumelage qui nous unit à la Chambre des Avocats / au Barreau de la République d’Arménie qui compte près de 3000 avocats. Des délégations du CNB, du Barreau de Paris, de Montpellier et de la Drôme étaient également présentes. 

Ce déplacement, comme ceux que nous avons pu faire chaque année depuis 2022, n’avait rien d’un simple voyage institutionnel. Il s’inscrivait dans un temps chargé de sens : celui de la commémoration du 111ᵉ anniversaire du génocide arménien et, pour cette année, d’un moment particulièrement sensible pour l’Arménie avec les prochaines élections en juin. 

En visitant le musée du génocide et en participant à la procession au mémorial, nous avons mesuré combien l’histoire du génocide touche notre profession dans la mesure où les évènements de 1915 visaient les élites intellectuelles et juridiques (avocats, magistrats, universitaires) avec notamment Krikor Zohrab, avocat, député et intellectuel assassiné en 1915. 

Notre visite de la Chambre des Avocats d’Arménie et de l’école des avocats et nos rencontres avec les confrères du barreau ont mis en lumière une profession structurée, engagée, consciente de son rôle démocratique. Barreau national unique, fortement investi dans la formation, l’aide juridictionnelle et la transparence institutionnelle, il partage avec nous les mêmes préoccupations : garantir l’indépendance de l’avocat et l’accès effectif au droit pour tous les justiciables. 

 

Les échanges nourris lors du forum Legal Expo Armenia etde « l’Advocacy Conference », sur l’avenir de la profession ont montré combien nos combats sont communs. Intelligence artificielle, transformation de la relation client-avocat, pressions économiques, tentations sécuritaires : la profession est partout confrontée aux mêmes risques. L’adoption de la Convention de Luxembourg du Conseil de l’Europe constitue à cet égard une avancée majeure : elle rappelle, avec force, que l’avocat n’est pas un auxiliaire interchangeable, mais l’un des piliers effectifs du procès équitable. 

A l’occasion de l’audience privée au siège du Catholicossat d’Etchmiadzine où nous avons été reçu par le Catholicos Karékine II, chef suprême de l’Église apostolique arménienne, ce dernier a exprimé les divergences qui l’opposent au gouvernement. Nos délégations ont rappelé notre solidarité confraternelle avec le Barreau d’Arménie et notre attachement indéfectible à l’État de droit. Sans interférer dans les débats internes, les échanges avec les confrères arméniens, géorgiens et français ont mis en lumière des préoccupations communes : la défense de l’État de droit, la protection de l’indépendance de la profession, le respect du secret professionnel à l’ère numérique, et la nécessité de préserver le droit au procès équitable. 

Enfin, notre participation aux événements culturels et sportifs organisés par le Barreau d’Arménie ont permis à la délégation d’approfondir sa connaissance de la richesse culturelle et artistique de l’Arménie, indissociable de la compréhension de son identité et de son histoire. 

Ce déplacement à Erevan a été d’une grande richesse, tant sur le plan professionnel qu’humain. 

À nous de poursuivre ce dialogue au sein de la profession dans le monde, fidèles à notre serment et conscients de nos responsabilités.